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La Roche-Posay

Bien que ce site ait pour ambition de retracer l’histoire de la construction des silos de la Vienne, dans le cas de celui de La Roche-Posay il est malheureusement plus aisé de conter l’histoire de sa démolition.

La Roche-Posay

La photo ci-dessus date de 2007. On y distingue encore une partie du logo de GCA (Groupe Centre Atlantique), dernière coopérative à avoir exploité l’installation, dont le nom a laissé à place à Terrena à partir de 2003. Le silo y apparait entièrement dégagé, après démolition des annexes en tôle qui l’ont jouxté durant une période s’étalant des années 1970 à environ 2006. La précieuse fonctionnalité « Remonter le temps » sur le site de l’IGN permet de dater ces différentes phases.

Il est d’autant plus nécessaire de remonter le temps que le dernier propriétaire du silo, la commune de la Roche-Posay, l’a démoli en avril 2023. Comme on l’apprend dans un article de La Nouvelle République, la mairie l’avait acheté en 2019 à des investisseurs suisses qui, dix ans après en avoir fait l’acquisition, avaient renoncé à leur projet de transformer l’édifice en galerie d’art et résidence de luxe. Pour 60 000€, la commune avait désormais les cartes en main pour décider de l’avenir du lieu.

Créée en 2020, l’association Oh Silo! a bataillé pour tenter de faire pencher la balance en faveur d’une réhabilitation-conversion en tiers-lieu. Les membres d’Oh Silo!, « amoureux de ce bâtiment » et désireux de « convaincre de l’utilité de le préserver et du fort potentiel qu’il représente » ont su mettre en avant une date de construction symbolique (1936), un style architectural très apprécié (Art Déco) et une reconnaissance de la valeur patrimoniale du silo par le corps des architectes des Bâtiments de France. L’association a aussi incité les élus de La Roche-Posay à s’inspirer d’autres tiers-lieux du département, tout en imaginant l’intérêt que la Fondation L’Oréal pourrait avoir à soutenir financièrement un projet de réhabilitation.

Les articles de La Nouvelle République gardent trace d’élus locaux peu emballés par la sauvegarde du silo, allant jusqu’à le qualifier de « verrue » et à nier sa valeur patrimoniale au motif qu’il existe d’autres silos similaires dans la région. Au-delà de ces qualificatifs, ils ont surtout porté le débat sur le terrain du coût potentiel d’une réhabilitation, arguant que, au cours des années 2010, « plusieurs projets privés » avaient achoppé sur des questions de déséquilibre entre les fonds propres apportés et les financements publics sollicités. L’agence d’architectes mylieu a gardé trace sur son site d’une étude de faisabilité de la réhabilitation du silo, réalisée en 2017 pour le compte de l’un de ces porteurs de projets privés.

Le silo de La Roche-Posay est l’un des rares à avoir été inventoriés par le service Patrimoine et Inventaire de la Région Nouvelle-Aquitaine. La fiche qui lui est consacrée signale notamment que le nom de la Coopérative du syndicat des agriculteurs de la Vienne, à l’origine de sa construction, était inscrit dans un grand cartouche et non gravé en dur comme sur d’autres silos de la Vienne. La fiche signale aussi que deux « décors de spirale » étaient visibles en partie haute de la façade, de part et d’autre de la nef centrale. Les photos ci-dessous, qui montrent l’arrière du silo, sont tirées de cette fiche (© Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, © Communauté de communes des Vals de Gartempe et Creuse).

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